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Le potier

La pratique du bonsaï

L’envie de fabriquer des pots à bonsaï, est issue d’une première rencontre avec l’art du bonsaï voici presque 30 ans. Comme tous les événements importants dans nos vies aucun choix n’a été fait, il y a simplement eu l’évidence qu’il fallait pratiquer cet art. Les années ont passées, de nombreux échecs ont permis de se poser des questions, de se remettre en cause et d’évoluer. Cette évolution a été accélérée par plusieurs rencontres, les principales sont celles avec Josep Maria MIQUEL et Takéo KAWABE.

Les feuillus méditerranéens sont cultivés dans le jardin, les cerisiers de sainte Lucie (prunus mahaleb), les chênes vert, les figuiers et les oliviers y sont les plus nombreux. Cette pratique régulière du bonsaï permet de comprendre facilement les besoins des clients.

Travail de la terre et des arbres

C’est au bout d’une quinzaine d’années qu’une nouvelle évidence s’est imposée, celle de fabriquer des pots de caractère pour mes bonsaï. Les débuts dans la céramique ont été semblables à ceux de la pratique du bonsaï, c’est à dire plein d’échecs et de remises en question.
La céramique et le bonsaï ont de nombreux points communs, en effet la terre tout comme les arbres ont un comportement juste et exact. Si un arbre ne pousse pas ont peut imaginer plein de causes, invoquer la malchance ou autre, mais en réalité c’est simplement que le travail est inapproprié, l’arbre n’a pas d’états d’âmes. Si la terre ne se comporte pas comme prévu, si elle se fend, se tord, ou ne donne pas les résultats escomptés c’est le résultat d’un travail inexact.
Ce sont deux activités très dures avec notre ego et au final très bénéfiques pour notre développement personnel. Nous pensons modifier les arbres ou la terre mais ce sont eux qui nous modifient.

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De gauche à droite : Anna Shoji, Takéo Kawabé, Didier Schuller

Sainte lucie bonsaï

Cerisier de sainte Lucie avant le premier pincement en vert

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Pot Craquelé émaillé gris

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Érable du Japon après la pluie

Recherche d’unité et d’harmonie

La recherche d’unité et d’harmonie entre l’arbre et le pot est le fil conducteur de ma production, l’esthétique est fortement influencée par la céramique japonaise, la poterie traditionnelle méditerranéenne ; mais également les textures naturelles comme celles de la terre, des rochers et des écorces.

Ce travail passionnant de création avec la terre me conduit à la réalisation de l’atelier de poterie «Autour des arbres» en 2011. En synergie avec mes activités de bonsaï et de poterie j’adopte une démarche unique qui consiste à travailler à l’écoute des arbres et de la terre. J’aime laisser ces dernier évoluer le plus librement possible sans leur imposer mes choix et au contraire en m’adaptant aux leurs. Je travaille ainsi à la recherche d’une meilleure compréhension des réponses qui me sont données par la matière végétale ou minérale.

Claude Bernard fondateur de la médecine expérimentale nous à laissée une citation qui correspond parfaitement à mon état d’esprit :

Citation :
Je dirais que l’expérimentateur pose des questions à la nature ; mais que, dès qu’elle parle, il doit se taire ; il doit constater ce qu’elle répond, l’écouter jusqu’au bout, et, dans tous les cas, se soumettre à ses décisions. L’expérimentateur doit forcer la nature à se dévoiler, a-t-on dit. Oui, sans doute, l’expérimentateur force la nature à se dévoiler, en l’attaquant et en lui posant des questions dans tous les sens ; mais il ne doit jamais répondre pour elle ni écouter incomplètement ses réponses en ne prenant dans l’expérience que les résultats qui favorisent ou confirment l’hypothèse.

Claude Bernard 1813-1878

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Prunus mume variété mera

Le message du Maitre Hidéo KATO

Lors du congrès EBA de Munich en 1996, le Maitre Hidéo KATO fit une prestation surprenante pour certains mais pleine d’enseignements. Il n’a pas fait de démonstration, seul ces assistants travaillèrent des arbres ( issus de yamadori) exposés sur l’estrade, il fit les commentaires suivants :

« Puisque vous êtes tous des amateurs de bonsaï, je vais vous demander de choisir la face avant sur chacun de ces six arbres présenté. c’est le point le plus important avant de commencer.il faut regarder l’arbre sous toutes ces faces, de loin ; puis une fois la face choisie, le regarder de prêt pour voir s’il y a une correspondance avec les racines.

Il s’agit de respecter l’arbre et son individualité, de rechercher les points caractéristiques de l’arbre et de les mettre en valeur. Il n’y a pas de précepte rigide. Il faut se laisser inspirer par ce que la nature lui a donné, se poser la question : par quel moyen puis-je rendre cet arbre plus heureux ?, heureux car admiré par beaucoup de personnes. Plus il sera regardé, aimé, soigné, plus il vous le rendra par sa vitalité et la force qui émanera de lui.

Il faut chercher les points positifs, caractéristiques de l’arbre et les mettre en valeur, ne pas s’occuper des défauts, des points négatif mais mettre en avant les point positifs. Sur une rose, vous admirez sa couleur, son parfum et vous oubliez qu’elle porte des épines.

Il n’existe pas au Japon, même parmi les arbres participants aux plus grandes expositions type KOKUFU-TEN, un seul arbre sur lequel vous ne pourriez pas trouver de défauts. Peu importe les fautes et les défauts, il faut que les points positif évidents soient mis en avant.

Un bonsaï ne deviendra pas beau parce que le meilleur des ouvriers travaillera dessus. Il ne pourra le devenir que si les trois éléments indispensables à sa vie soient présents ; à savoir l’eau, l’air et le soleil. Ces trois élément sont aussi une nécessité pour nous-même car nous sommes proche de la nature et nous devons en prendre conscience.

La chose la plus importante sur un bonsaï c’est sa base, son enracinement. Les racines sont la cœur de l’arbre, on doit y porter toute notre attention. De même que chez l’homme les opérations chirurgicales les plus délicates sont maintenant possible, chez l’arbre, le cœur devenu vieux pourra être renouvelé en travaillant les racines.

Seul l’éleveur de l’arbre le connaît bien. Il sait comme une mère avec son enfant si celui-ci est malade, s’il a soif, faim … Il y a au Japon un vieil homme âgé de 90 ans qui depuis toujours fait des bonsaï à partir de semi qu’il plante dans des pots antiques chinois de très grande valeur. Pourquoi pratique-t-il ainsi ? De même que pour l’éducation de votre enfant vous choisissez le milieu le plus raffiné entouré de beaux objets, de belles musiques ; de même ces graines placées dans de superbes pots, deviendront-elles peut-être de beaux bonsaï en remerciement des soins apportés.

Le bonsaï est éternel. Il représente le passé, le présent et le futur. Lorsque votre arbre sera formé, il est possible dans les années suivantes qu’il vous résiste, que malgré les ligatures, il ait tendance à reprendre sa forme initiale. Dans ce cas, c’est vous qui aurait mal choisi sa forme. Spontanément il reprendra ses lignes-force naturelles. La nature apporte l’équilibre, le bonsaï est un travail sans fin, l’arbre deviendra meilleur de jours en jours. Lorsque l’arbre sera formé, qu’on le regardera et que l’on entendra chanter les oiseau, alors l’arbre aura grandi.

Lorsque l’on s’intéresse de façon intensive au bonsaï, on admire les changements entre deux saisons mais il y a bien plus que cela : on perçoit et on comprend mieux la nature.

Le bonsaï est un tout, il faut une harmonie entre le pot, le tronc et les branches. Si le tronc est déjà formé, il faut améliorer chaque branche, mettre en valeur celles qui ont un caractère intéressant. De l’espace est nécessaire entre chaque branche, le volume négatif est très important pour donner du volume à l’arbre.

En changeant de pot, on risque de changer l’expression générale de l’arbre mais lorsque l’harmonie de l’arbre et du pot augmente, c’est l’ensemble qui en profite. Nos habitudes nous jouent des tours : il ne faut pas laisser l’arbre à la même place : en le déplaçant peuvent apparaître des points intéressants.

Il faut faire ressortir les points positif de l’arbre et faire de même dans la vie quotidienne ce qui nous aidera à vivre mieux.

L’essence de l’art du bonsaï est là. »

ecorce

Pinus parviflora

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